Informations réglementaires MW Gestion 7 rue Royale 75008 Paris

Commentaire du 3ème trimestre

Après les longues semaines de « coma artificiel » du printemps dernier, la levée progressive des mesures de confinement a permis une reprise économique durant l’été. Ce redémarrage de l’activité a été rendu possible par l’accompagnement dans la plupart des pays développés de mesures massives de soutien des gouvernements (prêts garantis, financement du chômage partiel…). Ces mesures ont un coût énorme pour les finances publiques et n’auraient pu être envisagées sans l’appui des banques centrales. En effet, face à une augmentation sans précédent des déficits publics, les principales banques centrales ont mis en place des programmes de rachats d’actifs d’une ampleur inédite. Elles ont également décidé d’ouvrir en grand les vannes de liquidités afin d’assurer un bon fonctionnement des marchés financiers. Durant le 3ème trimestre, ce support des banques centrales a été réaffirmé à de nombreuses occasions, en acte ou en parole.

Durant l’été, la croissance économique a nettement rebondi. Dès le mois de juillet, nous avions qualifié ce rebond de « rattrapage post-confinement » et il nous semblait alors très fragile. En effet, de nombreux secteurs restent quasiment à l’arrêt comme le transport aérien, les activités culturelles, ou le tourisme. Malgré les supports budgétaires et monétaires, l’activité économique reste encore en net retrait par rapport au rythme d’avant-crise. A la fin de l’été, dans les pays occidentaux, les rythmes de croissance semblent s’établir à seulement 90%/95% des rythmes « pré-covid ». Dans les prochains mois, les gouvernements vont devoir progressivement retirer les mesures de soutien et on peut craindre une envolée des faillites d’entreprises et du chômage. Les perspectives économiques sont donc très incertaines pour les mois à venir.

Incertaine aussi est la situation sanitaire. Si, en Europe, l’été a été plutôt clément sous cet angle, l’épidémie est restée très active dans de nombreux pays dans le monde. En fin de trimestre, on assiste malheureusement à une forte recrudescence des contaminations en Europe. Cela oblige les gouvernements à imposer de nouvelles limitations de déplacements et/ou d’activités. Si l’on reste, pour l’heure, loin d’une situation de confinement stricte et généralisée, il n’en demeure pas moins que cela va encore un peu plus fragiliser des secteurs déjà lourdement impactés (tourisme, transport, culture…). On peut craindre en outre que ce contexte sanitaire pèse sur la volonté de consommation des ménages et freine la reprise économique.

Les derniers développements géopolitiques ne sont pas, non plus, de nature à alléger ce climat anxiogène. Entre les Etats-Unis et la Chine, les désaccords et les tensions tant économiques que diplomatiques se multiplient. Tensions également entre la Grèce et la Turquie sur le contrôle de zones maritimes. Outre les nombreux foyers de tensions à travers le monde, deux problématiques politiques restent porteuses de risque. En premier lieu, le Brexit, à trois mois de l’échéance, aucun accord n’a encore été trouvé entre le Royaume-Uni et l’Europe et l’éventualité d’un « Hard Brexit » est de plus en plus élevée. En second lieu, les élections américaines avec l’incertitude sur le résultat final. A plusieurs reprises, Trump a en effet semé le doute sur la validité de l’élection et la prise en compte des votes par correspondance. Seule bonne nouvelle au chapitre politique durant l’été : la signature le 21 juillet de l’accord sur un plan de relance commun européen de 750 Mds € comprenant 390 Mds € de subventions directes.

Les sources de risques sont donc nombreuses. Malgré ce contexte, les marchés sont restés globalement inchangés durant l’été. A titre d’illustration, l’aversion au risque, mesurée par la volatilité est restée relativement contenue. L’indice Vix, mesure de la volatilité de l’indice S&P 500 est resté entre 25 et 30, très loin des niveaux « panique » de mars à 90 (un niveau de panique similaire à celui vu lors de la faillite de Lehman). 20 étant sa moyenne de long terme. Les investisseurs restent en effet convaincus de l’efficacité sans faille de la bienveillance des banques centrales.

Au cours du 3ème trimestre, les principaux indices actions sont globalement inchangés, à l’exception de la bourse américaine toujours portée par les valeurs technologiques. Stabilité également des prix du pétrole. Le Brent est inchangé sur la période à 40.22 $ le baril.  Sur les marchés obligataires, le cadre global de taux bas reste d’actualité évidemment. Les taux de référence ont évolué dans des fourchettes étroites. Ainsi, le 10 ans US et le 10 ans allemand clôturent le trimestre sur des niveaux très proches de la fin juin à respectivement 0.67% (+3 pb) et -0.52% (-5pb).

Si le contexte est incertain, il ne doit pas néanmoins nous paralyser. Notre biais de prudence ne nous a pas empêché de poursuivre nos investissements. Sur le plan sanitaire, on peut penser que les recherches en cours vont permettre dans les prochains mois la mise à disposition de vaccins efficaces. Sur le plan économique, la mise en place dès l’année prochaine de plans de relance et d’investissement massifs, notamment en Europe et aux Etats-Unis sera très bénéfique à la croissance. Enfin, si certains secteurs sont dans des situations dramatiques, d’autres profitent clairement de ce contexte.  Plus que jamais, le choix des investissements s’avère crucial. C’est cette politique d’investissement, marquée par la sélectivité et la souplesse, qui explique le comportement favorable de nos fonds. Nous resterons prudents jusqu’aux élections américaines, et saisirons les opportunités si les marchés actions devaient baisser.

Ainsi, au 30 septembre, notre fonds obligataire est en repli de 1.25% sur l’année, le fonds MW Actions Europe progresse de 6.16% et le fonds MW Multicaps est en hausse de 7.45%. Concernant notre fonds MW Rendement, il demeure en baisse sur l’année mais il se reprend tranquillement suite aux nouveaux paramètres de gestion définis plus tôt dans l’année.

Cyril Deblaye

Rédigé le 30 octobre 2020